M. la force tranquille

Aurélie Pérez – 12 mai 2016

Je rencontre M., le cousin d’une amie française, à San Francisco, dans les locaux d’une entreprise dont le but est d’aider les concepteurs de jeux sur mobile à se rémunérer via la publicité. 

L’endroit est très agréable avec des couleurs dynamiques, des salles à thème sur les jeux vidéos, des employés qui jouent au billard à mon arrivée et d’autres qui mangent…il est 16h, une ambiance comme on a du mal à imaginer en France ! 

M. a 39 ans et il est expatrié depuis 15 ans déjà. Il me fait remarquer qu’il est l’un des plus âgés au bureau ! Son rôle est d’ailleurs d’encadrer et de faire évoluer les compétences de ces « jeunes » car cela fait partie de la politique de l’entreprise de faire monter en compétences ses employés.

M. est parfois étonné des revendications de ses collègues ingénieurs. Jouissant d’avantages nombreux (repas du midi offerts, frais de transport de 200 dollars par mois, salaires élevés, pauses non contrôlées, clubs de différentes sortes financés par l’entreprise…), M. leur rappelle qu’ils ont de bonnes conditions de travail et que cela ne sert à rien de jouer la surenchère car un problème de fond existe. Comme les ingénieurs sont très demandés à San Francisco et dans la Silicon Valley et que les contrats peuvent se rompre facilement, les entreprises se voient confrontées à gérer un certain turn over dû à la surenchère des salaires. Cela a forcément un coût mais aussi une répercussion sur la dynamique de l’équipe qui peut voir partir un collègue proche en quelques jours seulement. 

M. m’explique également que, lors des recrutements, il décide de valider une candidature sur deux critères :

-les compétences

-la mentalité du candidat correspond-elle à la culture de l’entreprise ?

Le postulant peut avoir toutes les qualités requises, s’il ne « colle » pas avec la culture de l’entreprise, il ne sera pas retenu ! 

Alors que j’allais partir, un groupe d’employés se forment à une table, pourtant c’est la fin de journée…c’est l’un des clubs financés par l’entreprise qui permet aux salariés de se connaître et d’apprendre à travailler ensemble, résultats bien meilleurs qu’une journée de cohésion d’équipe organisée une fois par an, non ?

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