Céline, la bonne humeur incarnée

Aurélie Pérez – 13 mai 2016

Je rencontre Céline grâce à ses amis expatriés français de New York et je suis tout de suite séduite par le dynamisme et l’enthousiasme de ses mails ! Nous nous rencontrons à San Francisco et l’interview de cette Canadienne d’origine prend tout de suite une allure peu ordinaire. Voici les premiers mots de Céline : « J’ai un bon poste dans une startup, c’est le discours habituel que tu as déjà dû entendre. Nous sommes passés de 400 personnes à 1400 en 2 ans tout en gardant la qualité de travail d’une startup et j’en suis heureuse ! »

Finalement, après cette entrée en matière, difficile de poser à Céline les questions classiques. Alors nous allons aborder la vie en général à San Francisco et ce fut passionnant !

J’ai appris par exemple que l’entreprise de Céline est l’une des rares où l’on peut prendre facilement des vacances, ce qui est un bon point. Cette entreprise a choisi de s’implanter dans un quartier pas très en vogue de San Francisco pour participer à son économie et à son développement.

La direction demande d’ailleurs aux collaborateurs de participer à des activités de quartier pour aider les résidents et Céline exerce un tutorat dans l’école du quartier. Il y a des problèmes de santé mentale notamment. Parfois une personne dans la rue a un comportement inadapté et Céline est déjà intervenue pour calmer la situation et rassurer les passants.

Il existe aussi une plateforme collaborative nommée « linksf » que les personnes défavorisées peuvent consulter pour trouver des solutions de logement le jour même ou d’autres opportunités.

Nous abordons des sujets divers comme le problème de logements à San Francisco. Il n’y a « que » 800 000 habitants à San Francisco. Comme c’est une ville se situant sur une faille, les tremblements de terre sont possibles et donc les constructions sont limitées en hauteur. Cela crée un manque de logements et forcément, les prix explosent ! Certains anciens habitants se trouvent obligés de déménager et beaucoup vivent en colocation pendant des années.

Nombreux sont ceux qui cumulent plusieurs emplois également. Alors, on peut se poser la question, est-ce vraiment intéressant d’habiter San Francisco si on ne peut en profiter ni voir sa famille ?

C’est un problème insoluble… Même dans la Silicon Valley, les logements ont atteint un tel niveau de prix que les grandes entreprises comme Google, Facebook…doivent payer très cher leurs salariés si elles veulent les faire venir. Beaucoup ont donc commencé à délocaliser une partie de leurs activités pour réduire les coûts. Cela peut paraître difficile à croire mais sachez qu’il peut vous en coûter jusqu’à 3000 dollars par mois pour un loyer !

De plus, n’oubliez pas que les Américains doivent payer pour tout.

Prenons les frais de scolarité, Céline m’apprend que la dette des étudiants aux États-Unis pour emprunter et payer leurs frais de scolarité s’élève à 1 trillion de dollars ! C’est un réel problème économique. De même, si vous souhaitez scolariser votre enfant de 10 ans dans le privé, il vous en coûtera 10 à 20000 dollars par an, vous imaginez le trou dans le budget ?

Céline, elle, aime le climat clément car il n’y a pas d’hiver, la qualité de vie, les sorties, la nature, l’espoir car tout est possible. Elle reste aussi très réaliste et me précise que si tu n’as pas un emploi dans la technologie, elle ne voit pas comment tu peux te loger décemment et profitez de tous les avantages de la ville. De plus, il est difficile de voyager car toutes les destinations (Europe, Asie, Canada…) sont loin au départ de la Californie. C’est un souci également lorsque l’on veut visiter sa famille ou ses amis.

Nous échangeons également sur les différences ou similitudes entre France et États-Unis et Céline me confirme que les femmes ont un salaire moins élevé que les hommes à travail égal, de 30 à 50% en moins. De même, pour se joindre aux institutions plus traditionnelles et plus “prestigieuses” (cabinets d’avocats, cabinets de conseil, banques d’investissement), il est bon d’avoir fait ses études dans les trois écoles les plus reconnues : Harvard, Yale et Stanford !

Je suis heureuse d’avoir eu un échange sur des thèmes de vie quotidienne et cela me permet de mieux cerner cette ville qui fait tant rêver, San Francisco ou le mythe californien !

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